LES RICHES ET LES PAUVRES : ENCORE ! TOUJOURS ?

Messieurs en tenue de travail : « Les riches en se déguisant en pauvres pourraient bien donner aux pauvres l’idée de se métamorphoser en riches. » Litographie d’Aaron Martinet dans Le Charivari (1866)
Metropolitan Museum of Art – Rogers Fund / Photo Pharos / Wikimedia Commons

Plus l’enseignement et la recherche sont spécialisés, plus les sujets traités sont pointus, plus la vulgate, aidée en cela par les réseaux sociaux, se fait manipulatrice sur fond d’arguments simplistes articulés autour d’oppositions binaires.

Exemple, l’économie ramenée à sa plus simple expression : celle qui oppose les riches aux pauvres, écume d’une discipline incessamment à la poursuite du réel sans chercher à approfondir pourquoi il y a de moins en moins de riches de plus en plus riches, d’un côté, et toujours plus de pauvres de plus en plus pauvres de l’autre ? Le recours aux vases communicants se déduit naturellement du constat : prendre dans la poche des uns, censés avoir trop, pour remplir celle des autres, démunis, en sorte que les niveaux soient  égalisés. Vision d’un monde aplani ! Utopie sans aspérités ! Illustration de la théorie du ruissellement ?

Sachant que cette dissymétrie superficielle se double d’une autre beaucoup plus pernicieuse, qui relève de la perception : les riches, faute d’empathie, n’imaginant même pas le genre de vie auquel sont astreints les pauvres, alors que ces derniers, par médias interposés, peuvent se représenter avec la plus grande acuité celui que mènent les riches. Avec les conséquences politiques, combien menaçantes pour la démocratie, que l’on sait !