REVES D’ORIENT, MIRAGES D’OCCIDENT

L’attraction exercée par l’antisémitisme sur la haine et la violence serait-elle la rançon d’une introuvable paix sociale dont l’agitation des « gilets jaunes » serait le symptôme ?

Palmyre avant le sac
Photo Brunomalfondet / Flickr

L’antisémitisme comme symptôme absolu de la haine et du rejet de l’Autre vers lequel tendent à converger toutes les violences. Paroxysme d’une discrimination protéiforme, qui pose la négation de l’humanité derrière une de ses figures historiquement les plus édifiantes comme pour mieux s’approprier ce qu’elle a d’insaisissable. Faisant par cela même ressortir la part monstrueuse de l’Homme, qui nous est renvoyée comme un boomerang par les antisémites, dont les masques grimaçants nous poursuivent par-delà les générations.

Ce sont les peuples sémites qui nous relient à l’Orient, c’est leur déchirement qui nous détourne aujourd’hui des Lumières du levant, nous tenant éloignés des sources spirituelles auxquelles notre culture est restée suspendue envers et contre tous les fanatismes.

Quand les victimes du ressentiment à l’égard de l’Occident auraient rasé tous les vestiges des civilisations ayant prospéré dans l’aire du Croissant fertile, l’esprit de leurs textes sacrés et profanes demeurerait à jamais dans nos cœurs d’Européens, si refroidis qu’ils aient été par les exactions terroristes.

LES ERREMENTS DE LA POLITIQUE DE LA VILLE SOUS LES FEUX CROISES DE « LA PENSEE EGAREE » D’ALEXANDRA LAIGNEL-LAVASTINE ET DE LA « SOCIOLOGIE D’UNE CRISE RELIGIEUSE » D’EMMANUEL TODD

"Des millions de Français se sont précipités dans les rues pour définir comme besoin prioritaire de leur société le droit de cracher sur la religion des faibles" E. Todd
Paris, boulevard Saint-Denis, le 11 janvier 2015 (photo prise de mon portable)

« Des millions de Français se sont précipités dans les rues pour définir comme besoin prioritaire de leur société le droit de cracher sur la religion des faibles »
Emmanuel Todd

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Les égarements de la politique de la ville sous les feux croisés de « La pensée égarée » [1] d’Alexandra Laignel-Lavastine et de la « Sociologie d’une crise religieuse » [2] d’Emmanuel Todd

« Le goût romantique de la vie pastorale est fait autant de fuite loin de la ville vorace que de retour à la nature. Ce qui mérite d’être étudié, c’est la facilité avec laquelle les critiques de la société urbaine se transforment en mises en accusation de toute civilisation. »
« … en y regardant de plus près, je trouve que l’accent mis par Eliot sur le caractère religieux de la vrai civilisation, sa “vision de la culture et de la religion comme aspects différents d’une même chose, dès lors que chaque terme est pris dans le contexte requis”, emporte l’adhésion. Il me parait incontestable qu’il faut replacer l’holocauste dans le cadre d’une psychologie de la religion, et qu’une connaissance de ce cadre est indispensable à un débat sur la culture. »
George Steiner [3]

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