ENTRE TERRE ET CIEL

Cimetière Ancien de Vincennes

dans la tombe se trouve la paix,
l’occupant silencieux ignore le chagrin ;

Pram, poète danois cité par Kierkegaard dans « Le plus malheureux » (Ou bien… ou bien…)

Ce sont des milliers de vies insignifiantes que la mort viendra inopinément faucher pour illuminer de son néant leurs tombes surmontées d’une croix – dernière dérision – dont l’alignement évoque irrésistiblement celui des  maisons de la ville ; laquelle est seulement séparée du cimetière par un mur croulant, victime de la voracité des pariétaires.

Comme si les défunts devaient rejouer sous terre la parodie des vivants. Nécropole ou métropole inversée. Nécropole à la conquête des tréfonds, métropole à l’assaut du ciel. C’est toujours le mort qui saisit le vif : éternel retour.

Si, selon Malraux, une vie ne vaut rien mais que rien ne vaut une vie, alors combien vaut une mort s’il s’avère qu’elle est le prix à payer pour une vie ?

ENTRE GEOMETRIE ET ARCHITECTURE… ET AU-DELA

A propos du dernier livre de Philippe Boudon

« La géométrie, entre autres, est morte en tant que branche autonome, elle n’est plus que l’étude de structures algébrico-topologiques particulièrement intéressantes. » – « Nos modes de connaissance sont bien mathématiques. A eux sont indissolublement liés nos pouvoirs. » André Lichnerowicz – Remarques sur les mathématiques et la réalité in Logique et connaissance scientifique sous la direction de Jean Piaget

Le dernier livre de Philippe Boudon[1] tient de la gageure. Introduisant son livre par la célèbre citation de Pascal distinguant l’esprit de géométrie de celui de finesse, il se garde bien de les opposer : « Il semble que l’architecte doive louvoyer en permanence entre finesse et géométrie, comme entre art et science, voire entre sciences exactes et sciences humaines. » On sera, à cet égard, reconnaissant à l’auteur de n’avoir pas été jusqu’à faire une présentation « more geometrico » de ce qui relève de l’architecturologie ; de nous avoir épargné la fermeture sur l’axiomatique pour nous révéler comme entre les lignes ou par-delà les concepts un au-delà que la rigueur scientifique nous dissimule ; prenant le risque de nous égarer, au grand dam du géomètre et de ses épigones des sciences dites exactes, mais le risque en vaut la peine.

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