LES DEUX FACES DE L’HUMAINE NATURE

La vie entre imagination et raison

Il suffit que le mot « vie » résonne à nos oreilles pour que nous frétillions d’aise. Mais que celui de « raison » vienne à nous être asséné, et nous voilà tétanisés.

Pourtant, la vie sans la raison serait bien comme la folle du logis toutes portes et fenêtres ouvertes, dont la fureur d’abord contenue menace de déborder sur le dehors ; et la raison sans la vie comme quelque succube à ce point sevrée, altérée, qu’elle en déraisonnerait.

Tout ce qui est réel est peut-être rationnel, mais rien de ce qui est purement rationnel n’est viable.


Le Neveu de Rameau de Diderot constitue sans doute la meilleure illustration de cet aphorisme : « Il n’y a point de meilleur rôle auprès des grands que celui de fou. […] Celui qui serait sage n’aurait point de fou. Celui donc qui a un fou n’est pas sage ; s’il n’est pas sage, il est fou ; et peut-être, fût-il roi, le fou de son fou », déclare le neveu, qui incarne la déraison, au philosophe, parangon de sagesse. Mais sagesse, dont les affinités avec l’art, où elle puiserait sa vitalité, la tiendraient éloignée de l’aridité de la philosophie.

Ce qui renvoie, comme l’a bien vu Michel Foucault dans L’histoire de la folie à l’âge classique, à cet autre cercle vicieux, généralisé à l’humanité, de Pascal : « Les hommes sont si nécessairement fous que ce serait être fou par un autre tour de folie de n’être pas fou. » (Pensée Fr 412) – Ambivalence de la raison chez Foucault : « La déraison devient la raison de la raison […]. »

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