VII – L’ANTHROPOLOGIE URBAINE – 1) Colette Pétonnet, une ethnologue des espaces habités des banlieues (1982)

  1. Une question préalable se pose : pourquoi après avoir quitté le continent de la sociologie et avoir tenté d’aborder celui de l’analyse systémique à partir de fondations biologiques, laquelle soulève plus de problèmes qu’elle n’en résout, se placer sous l’empire de l’ethnologie ou anthropologie urbaine ? Sinon pour accuser une coupure épistémologique et instaurer une distance par rapport à l’objet d’étude, la ville, dont la familiarité, malgré le structuralisme et les analyses en termes de système, risque d’induire un biais nuisible à l’objectivité. On doit à Georg Simmel d’avoir introduit dans la ville la figure de l’étranger pour illustrer l’ambivalence du citadin, libre et aliéné à la fois. Le sociologue, quant à lui, en revêtant l’habit de l’ethnologue, en se muant en étranger à sa propre culture, espère-t-il mieux saisir l’étrangeté de la ville dont il est trop coutumier ? Ou bien, en adoptant une perspective plus ample, celle de l’anthropologue, aurait-il l’ambition, en remontant au plus près des sources de notre humanité, de renouer avec les racines de notre urbanité ?

                                          ZUP de Pissevin – Nîmes ; Photo : Wikimedia Commons – Vpe

Colette Pétonnet : une ethnologie des espaces habités des banlieues (1982)

Colette Pétonnet, ethnologue, nous invite à entrer avec elle dans la ville[1]. Contraint ou non, la priorité pour la femme ou l’homme qui accède à la ville autrement qu’en visiteur, est de trouver un abri. Un abri qui nous protège sans nous isoler : recherche de préservation de l’intimité dans l’ouverture aux autres et souci d’insertion dans la société urbaine sans perte d’identité.

L’auteure se réclame de la « méthode ethnologique qui part du fait vérifiable et préfère, à la glose théorisante, l’interprétation du constat. » En adoptant la posture de l’étranger, la ville surprend. Et pourtant, il n’y a pas lieu de dénier aux vieux quartiers, aux zones pavillonnaires et même aux bidonvilles, le caractère urbain mais un particularisme qui résulte des dynamiques démographiques à l’œuvre à l’échelle de l’agglomération. Ces dynamiques se reproduisent selon un même schéma que les variantes locales ne démentent pas : dans un premier temps, les habitants des vieux quartiers, après avoir acquis quelque aisance, subissent l’attraction des quartiers neufs laissant les plus modestes prendre leur place. Puis dans un deuxième temps, reflux en sens inverse à la faveur de la reconquête des centres villes redevenus attractifs par comparaison avec le vieillissement des quartiers périphériques. L’auteure prend comme exemple à Paris l’Ile Saint-Louis et surtout le quartier du Marais, qui connut son heure de gloire au XVIIe – XVIIIe siècle avant de décliner au XIXe pour renaitre à la suite des opérations de rénovation de la seconde moitié du siècle dernier. Mais en deçà de toute analyse historique le phénomène est plus général. « Le processus est le suivant : dans les interstices laissés libres par la mort des vieux habitants et le départ d’une classe moyenne dont les besoins se conforment aux normes de la modernité, des êtres nouveaux se glissent. Il se produit comme un appel autour d’un premier noyau et, les vacances étant transmises de bouche à oreille, celui-ci peu à peu se multiplie alentour. »

Ces dynamiques urbaines n’en recèlent pas moins un équilibre humain qui se maintient malgré les mouvements de population ou à cause d’eux. C’est qu’« il n’y a jamais prise de possession de l’espace total par un groupe exclusif, et diversité n’est pas synonyme de confusion. Un ordre préside au mélange des habitants, un balancement proche-lointain, un ordre volontaire. » Au cours de ses enquêtes menées dans les années 70, Colette Pétonnet s’est en effet livrée à des observations qui l’ont amené à se départir d’un regard extérieur pour se rendre à l’évidence que « la réalité est celle qui est vécue par les habitants du quartier » et que les interventions des autorités locales ou étatiques, malgré de bonnes intentions, risquaient, en imposant des normes de salubrité et de saine gestion, d’être plus perturbantes que l’abstention.

L’assignation d’un logement est venue se superposer à la division du travail. Elle montre que durant les années 70, alors que la question de la sortie des cités de transit se posait, le dispositif de tri en vigueur reposait sur un double critère, de revenu et d’urbanité, sous le contrôle des services sociaux. Elle note qu’en privilégiant l’économique associé à une action socio-éducative ce dispositif contribuait en fait à instituer le désordre en obligeant des gens culturellement différents à vivre ensemble et que ces interventions, dans le contexte des années 70, étaient dictées par une idéologie contradictoire de l’homogénéisation et de la consommation. Homogénéisation culturelle poussant à la dispersion des étrangers pour favoriser leur assimilation[2], d’une part, consommation, d’autre part, c’est-à-dire alignement des modes de consommation sur un mode de vie moyen impliquant la concentration des plus modestes par affinité ethnique dans des ensembles de logements à loyer modéré mais neufs entrainant des besoins en équipements et incitant à la consommation. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui mixité, forcée sans le dire. « Si bien que, finalement, c’est le hasard […] qui fait coïncider le désir des gens avec leur affectation […] ». Et de mettre en garde : « Les équilibres humains ne sont pas d’ordre numérique. C’est pourquoi les pouvoirs publics ne parviennent pas, en jouant sur des pourcentages, à les recréer dans les habitats artificiels ; car ils se constituent non en fonction de taux ethniques, mais en fonction de rapports entre les individus et de la manière dont sont organisés ces rapports dans l’espace, rapports complexes eux-mêmes dépendant des rôles impartis aux individus. »

Non qu’il soit question de laisser faire, mais comprendre les forces sociales et les motivations en jeu dans ces mouvements de population est important avant toute intervention. « Dispersion ou concentration ? Rapprochement ou éloignement ? Ces deux pôles coexistent et président tous les deux à l’établissement humain qu’on pourrait définir comme une distribution rythmée, ou bien encore comme une disposition cellulaire dont on trouverait à chaque niveau le noyau et le tissu protoplasmique. » Il faut également prendre en compte le rôle joué par les cultures intermédiaires entre deux cultures qui s’opposent : dans la rue St-Denis, par exemple, les Juifs d’Afrique du Nord entre Européens et Arabes. « La vieille ville, c’est un indéchiffrable réseau de relations dans l’inextricable tissu urbain. La ségrégation y est inconnue en mot comme en fait. Distinction ne signifie pas séparation. »

Enfin, le cadre urbain lui-même n’est pas sans influence sur les relations sociales : « La connaissance des autres naît de l’espace lui-même, c’est-à-dire de sa forme. » La configuration des espaces bâtis n’est pas neutre : « La symbiose entre l’homme et l’espace construit de longue date se produit non dans les pleins mais dans les creux. La rue est un théâtre à scènes simultanées. » En effet, « tout ce qui, dans la ville, se dessine en creux est un espace de rencontre. » Mais attention, il faut faire la part des rencontres fortuites, de l’inattendu, de la surprise. Les opportunités de rencontre ne se décrètent pas. Il ne suffit pas d’aménager des espaces de rencontre qualifiés pour que les gens partagent l’espace. La rencontre implique libre appropriation de l’espace. Dans la ville traditionnelle, note l’auteur : « Les rues s’ouvrent à l’intérieur de l’espace bâti sans provoquer de rupture entre le dehors et le dedans. » De sorte que « les logements sont l’aboutissement du dehors qui se clôt sur l’intimité, comme la rue et la place sont les prolongements ouverts du logement. » Pour autant, « proximité ne signifie pas côtoiement obligatoire. »

Concernant l’habitat, Colette Pétonnet, peut-être trop en empathie avec son terrain d’observation, vante les avantages de l’ancien sur le moderne : « Tel quel, même sans modifications, l’habitat ancien est susceptible de recevoir des réinterprétations particulières. Il n’impose pas un mode de vie en désaccord avec les techniques domestiques de celui qui choisit d’y habiter. » Contrairement à l’habitat contemporain, note-t-elle, les logements anciens n’avaient pas été conçus pour des destinations strictement définies, laissant aux occupants une marge de liberté pour des aménagements facilitant l’appropriation. D’autre part, « dans leur forme et leur matière, les vieilles maisons offrent un choix de souvenirs visuels, tactiles, olfactifs, qui entrent dans les raisons inconscientes de leur acceptation comme logis possibles. » C’est pourquoi, « l’espace où les hommes vivent ne doit pas, ne peut pas, être absolument rationnel. […]. Une rationalité architecturale qui supprime les cheminements et la complicité de l’ombre, qui fait disparaitre du dehors toute intimité et tout secret, non seulement enferme les individus chez eux, mais participe, au-delà de la rationalité administrative, à l’édification d’un espace disciplinaire où chacun est le surveillant de l’autre. » Antithèse du mouvement moderne, du style international, de la « machine à habiter » de Le Corbusier. Jonction avec une Poétique de l’espace telle qu’exposée par Bachelard. Le logis comme prolongement du « moi » : configuration spatiale dévolue en héritage versus plan libre dit « Dom-ino », foyer librement aménagé contre unité d’habitation standardisée, l’arrangement mobilier comme expression de cette liberté opposé à l’équipement de la maison, tendance « Esprit Nouveau », qui nous aliène à la technique au nom d’un fonctionnalisme qui ne fut dépassé que par le structuralisme avant de tomber dans les oubliettes de l’histoire.

Pour Colette Pétonnet, l’habitat est indissociable de la ville dans laquelle il s’insère. Et au terme de son parcours, l’auteure peut conclure : « Trouver un abri dans la vieille ville équivaut à avouer publiquement une appartenance à un quartier et, en même temps, à se glisser incognito dans la masse des citadins. L’intimité y est préservée deux fois, comme derrière deux remparts concentriques, par le quartier et par l’appartement dans le quartier. » Et avec elle on peut revenir sur une définition de la ville aujourd’hui largement partagée, à savoir que non seulement elle « est un ensemble de rapports (ce qui sous-entend conflits et oppositions) », mais est aussi « par excellence, le lieu de la reconnaissance des différences, ce dont les gens ont parfaitement conscience. »

Colette Pétonnet analyse finement le rôle de sélection joué dans les années 60 par les cités de transit. Dans l’opposition traditionnelle ville/campagne, la sélection commençait aux portes de la ville. N’y accédaient que ceux qui avaient le bagage suffisant en termes de capacités manuelle et intellectuelle. La sélection aujourd’hui s’effectue au niveau interne non de la ville mais de l’agglomération avec ses couronnes périphériques dont l’accessibilité est proportionnelle à la distance et inversement proportionnelle au statut social et au niveau de revenu. On pourrait aujourd’hui comme hier généraliser son propos en assimilant la ville ou plutôt l’agglomération à une machine à sélectionner par l’intermédiaire de ses institutions et des acteurs de la vie urbaine : fiscalité locale, politiques du logement, actions d’urbanisme source de plus-value, accès aux divers degrés des établissements d’enseignement, qualification à l’embauche des entreprises locales, agences immobilières, etc.

***

Dans On est tous dans le brouillard (1979), également sous-titré Ethnologie des banlieues, chronique de la vie quotidienne dans la banlieue sud de l’agglomération parisienne, Colette Pétonnet s’interroge sur le sort réservé aux plus démunis dans les cités, en distinguant entre les situations : celle des Français, mais aussi des étrangers et immigrés, Portugais et Espagnols notamment. Elle a recours à deux références pour interpréter le désarroi des habitants face aux conditions qui leur sont imposées en dépit des bonnes intentions ayant présidé à la construction des grands ensembles, dérisoirement dénommés cités : l’interprétation psychologique dérivée de l’antipsychiatrie, d’une part, et l’interprétation anthropologique d’inspiration girardienne, d’autre part, toutes deux se recoupant.

La première interprétation opère un renversement de perspective. Par analogie avec l’état schizophrénique, imputable à la famille et à la société, milieux potentiellement générateurs de névroses, elle tendrait à expliquer les comportements déviants, sinon pathologiques, des plus défavorisés des habitants des cités comme « une réponse compréhensible, voire adaptée, aux contraintes de l’environnement ». De même que « la société fabrique la folie à des fins utiles à sa propre santé », de même se satisferait-elle du mal de certaines banlieues tenues à l’écart pour se protéger contre elle-même. Comportements déviants, délinquance et violence seraient ainsi assimilables à des comportements d’adaptation confrontés à la misère sociale, laquelle peut aller jusqu’à porter atteinte à la dignité et à l’identité des habitants. C’est que « la violence qui les habite est une violence contre soi-même » qui, pour éviter la dépression, ne trouve d’exutoire que dans l’extériorisation sous forme d’actes délictueux, de destruction contre les biens ou d’agressivité à l’égard des personnes.

La seconde interprétation, puisée dans l’anthropologie de René Girard, auteur de La violence et le sacré, part du constat de l’effet cathartique de la violence, qui, ayant atteint son but, ou sa cible, ramène la paix. Dans le mythe, la désignation du bouc émissaire, n’a d’autre objectif que de détourner la violence autodestructrice de la société. « L’agressivité polarisée sur la victime émissaire ne sévit plus entre les autres membres qui peuvent alors s’unir en paix. » Par transposition, le principe sacrificiel, désacralisé, serait ainsi au fondement d’une société urbaine incapable d’assumer sa diversité, source de frustrations ; les différences de niveaux de vie, de statuts, d’origine ethniques… n’étant pas supportables pour une société dont la cohésion repose sur l’imitation. Ce ne serait donc que par un paradoxe apparent si les « cas sociaux » fabriqués par la société d’assistance, et désignés comme tels par des travailleurs sociaux abusés par l’institution, constituaient une « catégorie sacrifiable » dont dépendrait le bien-être des citadins.

Aussi bien, Colette Pétonnet conclut-elle que « si les structures sociales doivent être un jour changées au bénéfice de tous, il faudra d’abord regarder en face le problème du principe sacrificiel, le regarder et le résoudre, au lieu de le nier ».

***

Ainsi, de l’ethnologie, avec sa nostalgie d’exotisme, à l’anthropologie, avec sa part d’intimité, le parcours esquissé par l’auteure pour rendre compte de la situation de la banlieue par rapport à la ville est bouclé : après nous avoir invités à pénétrer dans la banlieue en étranger afin de mieux en analyser, avec le regard distant de l’ethnologue, les ressorts, elle nous fait plonger, en tant qu’anthropologue, dans le mythe, à l’origine de nos sociétés, pour mieux comprendre ce qui est au fondement de leur identité.

Pour autant, ce détour par l’anthropologie ne doit pas masquer à nos yeux la réalité économique et sociale, qui produit des inégalités non moins réelles que les frustrations engendrées par le refoulement des affects. C’est ainsi que la rationalisation à outrance de la société industrielle, conséquence des techniques de numérisation qui nous tiennent à distance de la matière, participe au désenchantement du monde.

Enfin, sur un plan non plus ontologique mais épistémologique, on notera que la vision de l’anthropologue, qui pose le tout de l’homme avant toute interprétation de nature intimiste de la psyché collective, n’est qu’en apparence aux antipodes de celle de l’ethnologue, lequel feint d’aborder son sujet de l’extérieur, comme pour l’étude des sociétés dites primitives, de crainte que trop de familiarité ne lui masque le sens authentique des relations sociales : à savoir le sens donné par les protagonistes de la scène sociale eux-mêmes et non celui projeté par le chercheur à partir de sa culture. Au terme de la démarche adoptée par Colette Pétonnet, le regard final posé par l’anthropologue apparaît bien au contraire comme un approfondissement de celui de l’ethnologue, qui constituerait comme une entrée en matière préalable à toute saisie du sens de l’altérité, comme l’a bien démontré Marc Augé dans son ouvrage ayant pour titre Le sens des autres.

Mais, l’ethnologue de la société contemporaine, occidentalisée, à laquelle il appartient, se retrouverait dans une situation paradoxale, improbable, obligé qu’il serait de recourir à l’observation participante alors qu’il baigne dans la culture même de la population étudiée. Paradoxe seulement apparent, comme l’a montré Colette Pétonnet, qui a dû s’immerger dans des milieux, dont elle a pris la mesure de l’étrangeté, pour bien les comprendre ; non sans avoir au préalable abondamment dépouillé la littérature sur le sujet. Il faut dire qu’en la matière, la ville, kaléidoscope social, se prête d’autant mieux à une exploration de type ethnologique ou anthropologique que d’un quartier à l’autre, c’est bien souvent, au moins dans les grandes villes, et a fortiori dans les conurbations, comme si on passait d’un pays, sinon d’un continent, à l’autre. Sociologue, ethnologue, psychosociologue, donc, tous étrangers à des titres divers ! Certes, entre les représentants de ces diverses disciplines les méthodes diffèrent ; mais celles-ci varient-elles moins entre sociologues, pour ne considérer que ceux-ci ? D’autre part, les emprunts réciproques entre disciplines ne sont-ils pas tels de nos jours qu’il est devenu bien difficile de les départager sur le seul critère de la méthode. Reste ce que l’on pourrait appeler un état d’esprit qui leur est commun avec l’anthropologie, et ménage à chacun un angle de vue qui lui est propre. L’interdisciplinarité y trouve-t-elle pour autant son compte ?

A suivre :

L’exploration de la ville par Ulf  Hannerz (1983)


[1] Espaces habités – Ethnologie des banlieues.

[2] 10% d’étrangers constituait à l’époque une norme.

2 commentaires sur “VII – L’ANTHROPOLOGIE URBAINE – 1) Colette Pétonnet, une ethnologue des espaces habités des banlieues (1982)

  1. Bonjour , je viens de lire votre article à propose de Colette Pétonnet et je vous en remercie: je suis comme vous « en retrait d’activité » (j’aime cette expression) et j’ai entrepris des études en anthropologie parmi lesquelles figure l’ anthropologie urbaine et Colette Pétonnet y figure en place centrale. Son observation flottante me passionne et je me surprend à me laisser flotter dans « ma « ville, « mon » quartier, « ma » rue….
    ces quelques mots donc pour vous remercier,
    bonne continuation
    Marie France

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    1. Merci à vous. Je ne saurais trop vous recommander la lecture de « La ville qui vient », plus théorique mais non moins édifiant, d’un autre anthropologue : Marcel Hénaff ; petit livre très stimulant que j’ai également chroniqué.
      Bonnes fêtes de fin d’année.
      JF SERRE

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